Claude Dugat - Bourgogne 2010 : robe rubis, nez expressif dès l'ouverture, sur la griotte principalement, quelques petits fruits rouges et de légères notes de sous-bois. Bouche acidulée, très marquée griotte, peu tannique, belle matière mais assez simple. Finale un peu courte, facile, toujours sur la griotte. Un générique correct, mais le domaine nous a habitué à mieux, loin du niveau du 2012 par exemple. B.

 

 

(07/2013) Visite au domaine Claude Dugat à Gevrey, place de la Cure. Visite rapide du cellier, puis descente à la cave pour une dégustation des 2012 sur fûts. Les vins en sont à peu près à 10 mois d'élevage, plus que 2-3 mois pour le générique, environ 6 mois pour les autres cuvées. Les malo sont terminées, ou presque terminées, Claude Dugat ne le sait pas lui-même, les analyses n'ayant pas encore été faites.

 

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Bourgogne 2012 : couleur relativement sombre, comme tous les vins goûtés du domaine (mais il faudrait vérifier cela en plein jour), nez assez ouvert et très fruité, bouche très douce, sur les fruits rouges surtout, pas beaucoup de longueur, mais d'une buvabilité déconcertante, ça commence très bien ! Je demande à M. Dugat d'où vient le côté un peu sombre de ses vins, s'il y a un lien avec l'extraction. Réponse : "Je n'aime pas le terme d'extraction, ça consiste à aller chercher quelque chose, il vaut mieux laisser les raisins donner ce qu'ils ont à donner". C'est vrai que tous les vins goûtés ensuite étaient peu extraits.

Gevrey-Chambertin Village 2012 : je trouve le nez particulièrement épicé ici, mais M. Dugat me dit que c'est probablement lié au gaz carbonique. Beaucoup plus de matière et de longueur que le précédent, mais je le trouve un peu chaud par rapport à tous les autres vins. C'est peut-être celui qui m'a le moins convaincu.

Gevrey-Chambertin 1er Cru 2012 : assemblage des 1ers Crus Perrière et Craipillot, celui-ci a l'acidité et la minéralité qui manquaient au précédent, toujours beaucoup de finesse (de "l'élégance" pardon, M. Dugat n'aime pas le mot "finesse", mais nous sommes d'accord sur le sens) et de fruit. Très long. Vraiment un excellent vin.

Gevrey-Chambertin 1er Cru Lavaux St-Jacques 2012 : encore plus minéral que le précédent, l'acidité en attaque est mordante, ensuite on retrouve le style des premiers vins, une couleur un peu sombre mais un vin peu extrait, de l'élégance, des tannins très soyeux, beaucoup de fruits (rouges surtout mais aussi un peu noirs), une belle matière, un vin déjà très accessible et très facile à boire, beaucoup de longueur.

 

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Si la dégustation s'était arrêtée là, le moment aurait déjà été magique, mais non, nous passons désormais aux grands crus. Elevage 100% bois neuf désormais (et non plus 50% bois neuf 50% fûts d'un an). C'est un vrai privilège quand on sait que Claude Dugat a perdu environ 30% de sa récolte sur 2012.

Charmes-chambertin 2012 : on pourrait le situer entre la finesse de Griotte et la puissance de Chapelle. Il m'est cependant apparu moins complexe que les deux suivants (mais on s'est est rendu compte plus tard, car sur le coup c'était magnifique, on ne pensait pas qu'il existait encore mieux). Aucune trace de bois, grosse matière, beaucoup de fruits et longueur phénoménale.

Griotte-Chambertin 2012 : le vin le plus fin et le plus élégant du domaine, avec un superbe nez aux notes de pétales de rose, une bouche soyeuse, on ne sent pas les tannins ici, des notes de griotte, de fruits rouges, et beaucoup de longueur. Probablement le meilleur Bourgogne que j'ai goûté.

Chapelle-Chambertin 2012 : changement de registre, on passe sur le vin le plus puissant du domaine. Seulement 1 pièce et 1/4 de pièce ont été produit en 2012 (comme pour Griotte) soit un peu plus de 300 bouteilles. La parcelle de C. Dugat est situé sur la partie des "Gémeaux", et non pas sur "Chapelle sous chapelle" qui donne elle des vins très fins. Ce serait une découverte assez récente que M. Dugat avait faite lors d'une dégustation avec Rossignol-Trapet qui possède des vignes sur les deux terroirs. Le nez du Chapelle-Chambertin est très ouvert, on trouve des cerises noires pour la première fois, la bouche est puissante, avec une matière énorme, plus de tannins que dans les autres cuvées, mais ça reste soyeux et très facile à boire. Finale interminable. Entre Griotte et Chapelle, mon coeur balance.

 

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En bouteille (eh oui chez M. Dugat quand il n'y en a plus...) :

Gevrey-Chambertin Village 2011 : en bouteille depuis janvier, le nez est plus ouvert que le village 2012, mais je trouve qu'ils se ressemblent par un côté épicé (le gaz carbonique d'après C. Dugat), belle matière, beaucoup de fruit, mais comme le 2012 il lui manque la minéralité et la fraîcheur des autres cuvées pour être parfait.

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Un petit mot sur les 2013 : la vigne a un peu de retard, mais pas de problèmes particuliers pour le moment, Claude Dugat redoute les coulures, mais le millésime s'annonce plutôt bien si le beau temps persiste.

 

Cette fois c'est vraiment terminé, ah non, pour la route :

Marc de Bourgogne (2002) sur fût : élevage de 12ans, le nez est très intéressant, fruité, sur le raisin de Corinthe et l'abricot, en bouche l'alcool se sent un peu trop à mon goût, je ne lui trouve pas une grande longueur. Je préfère le style de ses vins.

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Cette fois c'est vraiment terminé. Un grand merci à Claude Dugat pour son accueil chaleureux, sa générosité, ses explications, son humilité, et la dégustation de ses vins magnifiques. Que c'est beau la Bourgogne quand on a la chance de la voir de comme ça !