Bourgogne

Bordeaux étant sur le déclin depuis quelques années, la Bourgogne est probablement le vignoble le plus prisé du monde à l’heure actuelle. Sa petite taille (3% du vin français contre environ 30% pour Bordeaux) entraîne sa rareté et du coup la flambée des prix ces dernières années. Il ne faudrait pas qu’à l’instar de Bordeaux, la Bourgogne devienne la région des spéculateurs plus que des amateurs, ce qui commence malheureusement à être le cas. 

La région est divisée en 5 parties (même 6 normalement en comptant le Beaujolais). Au nord-ouest, dans l’Yonne se trouve la zone du chablisien et des côtes d’Auxerre, où les vins blancs sont tout en tension et en minéralité et présentent peut-être le meilleur rapport q/p de la région. Au sud, le Mâconnais, autour de Pouilly-Fuissé notamment produit de beaux vins blancs, qui, chez les meilleurs producteurs, se rapprochent doucement des vins de la Côte de Beaune. A Rully et à Givry, en côte chalonnaise, les producteurs travaillent aussi bien le rouge que le blanc, offrant de très bons vins à prix raisonnable. La Côte de Beaune, même si elle contient de beaux vins rouges sur Pommard, Volnay, Aloxe-Corton ou Beaune, est avant tout la zone des grands vins blancs. C’est ici que l’on trouve les grands crus autour du Montrachet, où le chardonnay livre sa meilleure expression. A partir de Nuits-St-Georges commence la Côte de Nuits, où le pinot noir devient magique, bien plus que partout ailleurs dans le monde (ce qui le différencie du cabernet sauvignon ?). Sur le côté ouest de la route nationale s’enchaînent les plus belles appellations du monde : Nuits-St-Georges, Vosne-Romanée, Echezeaux, Vougeot, Chambolle-Musigny, Morey-St-Denis, Gevrey-Chambertin...

Le classement des vins est complexe. A partir du Moyen-âge, mais surtout au XVIIIe siècle, les parcelles appelées ici « climats » ont été délimitées avant d’être classées au XXe siècle en appellations régionales (Côte de Beaune, Hautes Côtes de Nuits…), villages (Gevrey-Chambertin), 1er cru (Gevrey-Chambertin 1er cru « Les corbeaux », ou simplement Gevrey-Chambertin 1er cru s’il y a un assemblage de parcelles classées 1er cru) et Grand Cru (les parcelles ont alors leur propre AOC : Griotte-Chambertin, La Romanée…). Attention qu’une parcelle, La Combe d’Orveau par exemple, peut avoir une partie classée en grand cru Musigny, une partie en 1er cru et une partie en villages…

Dans les grands domaines le système de vente ne se fait pas en primeur comme à Bordeaux, mais par système d’allocation. Les vins ne sont vendus chaque année qu’aux clients fidèles, qu’ils soient cavistes, restaurateurs ou particuliers, ce qui permet aux domaines d’être assurés de tout vendre rapidement sans avoir à chercher de nouveaux clients et aux acheteurs d’être assurés d’avoir leurs vins au plus bas prix. Par contre, les non allocataires doivent se battre pour trouver des bouteilles, ce qui augmente la spéculation et les fausses étiquettes.

 

bourgogne 1

 

Principaux producteurs :

 

Yonne

***** Dauvissat, Raveneau.

**** Droin, Pattes Loup, Tribut.

*** Bessin, Billaud, Billaud Simon, Château de Béru, ColinotDe Moor, Goisot, Grossot, La chablisienne, Moreau-NaudetWilliam Fèvre

** Brocard, Davenne, Defaix, Domaine de l'Enclos, Domaine d’Elise, Domaine de la MotteDrouhin-VaudonLaroche, Long Depaquit, Louis Michel, Moreau, Morin O., Picq, Pinson, Piuze, Richoux, Schaller, Servin, Simmonet-Febvre, Vocoret....

* Bel Air, Morin C.,...

 

Mâconnais

***** Guffens-Heynen.

**** Bongran, ChagnoleauLa Soufrandière/Bret brothers, Vignes du Mayne...

*** Barraud, Château des RontetsCorninFerret-Lorton, Forest, Guillot-Broux, Héritiers Comtes Lafon, Jules Desjourneys, Maillet, Merlin, Pacaud, Saumaize-Michelin, Valette, Verget.

** Beauregard, Bonhomme, Château FuisséCordier, Duboeuf, Garenne, Jeandeau, Rey, Rijckaert, Sainte-Barbe, Saumaize, Soufrandise, ThibertVaupré...

* Manoir du capucin...

 

Côte Chalonnaise

**** De Villaine, Dureuil-JanthialJoblot.

*** Cellier aux moines, Champs de l'abbaye, Jacqueson, Lorenzon, F. Lumpp, Raquillet.

** Aladame, Berthenet, Bourgeon, Briday, Chamirey, Chanzy, Clos Salomon, Cognard, Garrey, Guillot, Juillot, Menand, Ponsot JB, Ragot, Sarrazin, Theulot Juillot…

Belleville, Château de Rully (Antonin Rodet)Debavelaere,...

 

Côte de Beaune

****** D'Auvenay.

***** BouzereauCoche Dury, Comtes LafonDe Courcel, Ente A., Germain H.Ramonet, Roulot.

**** Bachelet JC, Bachelet-MonnotBoillot JM, Bonneau du MartrayBuisson-Charles, Carillon J., Carillon F., Carillon L. (†), Colin-Morey et C. MoreyCroixd’AngervilleDancerDe MontilleEnte B.Fichet, Grivault, Jobard  A.LamyLeflaiveLe MoineMatrot, Moreau B., Morey P.Pillot P.Pousse d’Or, Sauzet.

*** Ballot-Millot, BizeBoillot H., Boillot Marthe Henry, Boisson-Vadot, BoninBouley JMCamille GiroudChandon de Briailles, ChangarnierChansonChartron, ChassorneyChâteau de Pommard, Château de PulignyColin B., Colin M., Comte ArmandDrouhin, Dubuet, Dussort, En belles lies, Girardin PV., Girardin, Jobard R.LafargeLatour V.Lejeune, Leroux B., Les Horées, Maréchal, MikulskiMoingeon, Morey-Coffinet, Morey T.Pacalet, Pillot JM, Prieur, Rapet, RollinRossignol, Tessier, Voillot.

** Aleth Girardin, Bachelet-Ramonet, BelleneBergeretBichot, Blain-Gagnard, Bouchard P&FBoyer-Martenot, Boyer R.Champaud, Champy, Château de MeursaultChevalier, Chevrot, Clair F&D, Comte SenardContat-Grangé, Couvreur, Cyrot-Buthiau, Darviot-Perrin, Demougeot, Dupont-FahnDoudet-Naudin, Fatien, Féry J.Follin Arbelet, Gambal, Gaunoux, Gay, Giboulot, Guyon A., Heitz-LochardetJadot, Jessiaume, LabetLamy-Pillot, Largeot, Larue, Latour L., Langoureau, Magnien S., Maillard, Mallard, Maltroye, Maratray Dubreuil, Monnier, Moret David, Morey Marc, MorotMuzard, Olivier LeflaivePaquet, Pavelot L., Pernot BelicardPotinet-Ampeau, Prunier-BonheurRebourgeon Mure, Regnaudot JC, Regnaudot B&F, Remoissenet, Roux, Roy ElodieSuremain, Terres de Velle, Tollot-Beaut, Vaudoisey, Vaudoisey Creusefond, Vincent AM&JM, Violot-Guillemard

* Belland, Buffet, Château de Blagny, Coche-BizouardDebrayDelagrange B., Delagrange H., Guillemot, Villamont

 

Côte de Nuits

****** Henri Jayer (†), Leroy, Romanée-Conti.

***** Arlaud, CathiardClavelierClos des LambraysComte Liger-BelairDugat-Py, Dujac, Engel (†)FourrierGroffierLiger-Belair T., Méo-Camuzet, Mugnier, Ponsot, Rouget, Roumier, Rousseau, Trapet, TremblayVogüé.

**** Amiot-Servelle, Arnoux-Lachaux, ArlotBarthodBerthaut-GerbetBizot, BouvierChevillon, Clair/Clair-Daü (†), Clos de Tart, Confuron-CotetidotDuband, DugatDurochéFaureFauroisGouges, Grivot, Gros AnneHudelot-Noëllat, La VougeraieLignierMortet, Mugneret-Gibourg, Naudin-Ferrand, Noëllat G.Perrot-Minot, Prieuré-Roch, Rossignol-Trapet, Truchot (†).

*** Amiot P., Bart, Bernstein, Bertheau, Boillot Louis, Boillot Lucien, Burguet, CastagnierConfuron JJChâteau de la Tour, Damoy, Eugénie, EsmoninFaiveley, FeuilletForey, FournierGaleyrandGeantet-Pansiot, Gerbet, Gros F&SGros M.Guyon JP.GuyotHarmand-Geoffroy, LamarcheLaurent D.Lecheneaut, LescureLienhardt, Lignier-MichelotMachard de Gramont, Marchand Tawse, Mark Haisma, Moine-Hudelot (†), Moron-Garcia, Noellat M.PatailleRémy C&LRion A&BRoumier L., RotyRoySérafin, Sigaut, TardyTaupenot-Merme.

** BallorinBertagnaCharlopin-Parizot, Chauvenet-Chopin, Chicotot, ClergetDecelle-Villa, Drouhin-LarozeDurand, Felettig, GalloisGros AFHeresztyn-Mazzini, Huguenot, Humbert, Jeanniard A., Leclerc R., Leymarie-CeciMagnien F. et M., Manuel Olivier, Michelot, MunierNaddefOdoul-Coquard, Perdrix, Pernin-Rossin, Rebourseau, Rion D., Rion JC, Rossignol P., Roblot-MarchandSirugueTilleuls, Tortochot, Vigot F., Vigot N., Zito...

* Aegerter, Bidault, BoursotBouvier Régis, CommarinDigioia-Royer, Gachot-Monot, Hudelot-BailletNaigeon, RemoriquetVieux collège, Vincent Jeanniard

 

Dijon

** Domaine de la Cras...

 

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05 février 2021

Etienne Sauzet (Puligny-Montrachet) ****

Le domaine d'une quinzaine d'hectares est dirigé par Emilie Boudot (arrière petite-fille d'Etienne Sauzet) et son mari Benoît Riffault qui a quitté Sancerre pour la Bourgogne en 2002. Les vins sont certifiés en bio depuis 2006 et en biodynamie depuis 2009. Le style parfois un peu opulent avant l'arrivée de la nouvelle génération est aujourd'hui sur la finesse et la pureté.

 

Etienne Sauzet - Puligny-Montrachet 2017 : Joli nez expressif dès l'ouverture, très floral, beurre frais et fruits jaunes acidulés. La bouche est décevante, très alcooleuse, avec beaucoup d'amertume. A voir dans quelques années s'il trouve un autre équilibre, ou peut-être une mauvaise bouteille. B-.

 

FDGV 2015

Etienne Sauzet Puligny 1er cru Les Perrières 2015 : très expressif, plein d’amande, de brioche, tendu et gras à la fois, très long. TB+.

 

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11 décembre 2020

Fourrier (Gevrey-Chambertin) *****

Jean-Marie Fourrier a repris les vignes familiales au milieu des années 1990, après un stage chez Henri Jayer. Ses vins sont peut-être les plus fins de toute la Bourgogne, peu extraits, très clairs en couleur, peu tannique, peu boisés, entièrement égrappés, d'une grande pureté de fruit. La partie négoce est l'une des plus réussies de la Cöte de Nuits. Depuis 2020, Jean-Marie Fourrier vinifie également pour le domaine Bass Philipp en Australie.

 

Fourrier - Gevrey-Chambertin VV 2009

Couleur : rubis foncé, classique pour un Gevrey 2009.

Nez : très expressif dès l'ouverture, sur les fruits rouges et les fruits noirs (cerise, mûre notamment), un léger côté floral et aussi végétal (vendanges entières en 2009 ?).

Bouche : légèrement perlante à l'ouverture, parfaite après une dizaine d'heures de carafe. On trouve tout ce qu'on peut attendre d'un bon 2009, c'est à la fois très fruité, les fruits rouges et noirs tirent sur le confit, c'est gourmand, et en même temps c'est très frais avec une belle acidité et un léger côté végétal. Très bonne matière, il manque juste un peu de complexité.

Finale : longue, fraîche, fruitée.

Note : 17,5/20. Très grand village, un modèle de 2009.

fourrier gevrey

 

Fourrier - Gevrey VV 2015 : Couleur rubis, nez ultra gourmand de fruits rouges sucrés, à peine floral. Bouche toute en finesse, avec des tannins imperceptibles, texture soyeuse, plus "Chambolle" que "Gevrey", d'une buvabilité incroyable. Pour chipoter le longueur n'est pas énorme mais quel régal. TB++.

 

Fourrier - Gevrey VV 2014 : couleur très claire aussi, tout en dentelle et en élégance, comme le 2015, à peine moins de sucrosité, à peine plus d'acidité, tannins insensibles également. TB++.

 

Fourrier - Bourgogne Rouge 2014 : très clair, petits fruits rouges, framboise, très léger, gouleyant, tendu, mais belle longueur, un style pour amateur de vins ultra fins, parfaitement maitrisé. TB.

 

Fourrier - Bourgogne blanc 2017 : couleur or pâle, nez très bourguignon à l'ouverture, beurré, pointe vanillée, notes florales, quelques agrumes, pas du tout toasté ni réduit. Bouche grasse, avec du volume, beurrée, belle acidité dans le fond, finit sur les agrumes avec un petit côté amer zeste de pamplemousse. Le lendemain l'élevage est un peu moins présent, plus de tension, d'agrumes, un peu moins boisé et vanillé. La finale manque un poil de longueur pour être parfait. Tout jeune mais déjà excellent. Il surclasse largement le niveau d'appellation. TB+.

 

Fourrier - Bourgogne blanc 2016 : (vignes sur la droite de la RN au niveau de Chambolle) Couleur assez claire, nez très beurré, beurre de barate, sur le côté lactique, un peu de citron confit et de floral. Bouche grasse, beurrée, ronde, facile, semble légère en alcool, plus mûre que le 2017, étrangement moins acide et moins tendu, tout en rondeur, avec une finale qui manque un peu de peps pour aller plus loin. Ca reste un très joli Bourgogne régional, facile à boire. TB.

 

Fourrier - Bourgogne rouge 2017 : couleur plutôt sombre pour du Fourrier même si ça reste très "pinot", nez déjà superbe de cerises rouges, pivoine, fraise, plus solaire que 2014. Bouche encore un peu serrée en l'état (embouteillage très récent) mais belle matière, avec de la longueur, fait plus sérieux et moins facile que 2014 avec probablement plus de cencentration et une garde qui s'annonce plus importante. TB. Après quelques mois on retrouve plus la "patte Fourrier", il semble plus clair en couleur, plus marqué petits fruits rouges, tout en longueur, avec beaucoup de fraîcheur. TB+.

 

Fourrier - Bourgogne rouge 2018 : couleur plus sombre que 2017, très joli nez sur la cerise principalement, moins pivoine, plus mûr que 2017. Bouche un peu plus concentrée, plus solaire, même si on garde le style très fin de Fourrier, semble un peu plus taillé pour la garde mais bel équilbre et très joli fond pour un régonal, devrait donner une très belle bouteille dans quelques années. TB.

 

Fourrier, Gevrey-Chambertin Vieille Vigne 2017 : (95% champerrier, 5% Combe du dessus) Couleur très claire, à peine trouble. Nez éclatant, envoûtant, plein de framboise, de fraise, de rose, tout en délicatesse. Bouche du même niveau, évidente, où tout est à la bonne place, très fruitée, florale, tannins insensibles, texture de velours, on pourrait se resservir sans cesse. A l’opposé du stéréotype Gevrey-Chambertin (un peu comme Reynaud à Châteauneuf). La magie Fourrier a encore opéré. Exceptionnel.

 

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06 décembre 2020

Bachelet Jean-Claude (Saint-Aubin) ****

Jean Baptiste et Benoît ont repris le domaine familial, en cours de conversion bio. Les vins y sont à la fois large (avec du gras, du beurré et des élevages parfois un peu marqués dans la jeunesse) et à la fois très longs et tendus. Il faut généralement les attendre quelques années pour que l'élevage s'intègre mais ils se révèlent magnifiques si l'on est patients. Les rouges sont un petit cran en-dessous des blancs.

 

 

JC Bachelet - Saint-Aubin 1er cru 2017 : couleur dorée, nez beurré, encore un peu d'élevage vanillé, fruits jaunes. Bouche ronde, grasse, beurrée, facile, manque un peu de tension et de profondeur sur cette cuvée par rapport aux autres. B+.

 

FDGV 2016

JC Bachelet St Aubin Les Combes au sud 2014 : vif, tendu, citronné. B+.

JC Bachelet St Aubin Charmois 2014 : plus chaud, plus boisé que le précédent. B.

 

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05 décembre 2020

Thibault Liger-Belair (Nuits-Saint-Georges) *****

Thibault a repris puis agrandi le domaine familial en 2001. Les vins n'ont cessé de progressé depuis. Le travail est à la vigne est colossal, en biodynamie avec tout récemment une nouvelle cuverie en géothermie. Le vigneron est peut-être le plus minutieux de la région, attentif à tous les détails, allant même choisir ses fûts avec son tonnelier directement sur l'arbre ! Aucun dogmatisme, la proportion de grappe entière et celle de fûts neufs varient d'une cuvée à l'autre et d'une année à l'autre. Cette démarche "expérimentale" a valu à Thibault quelques cuvées un peu trop boisés par le passé. Mais avec l'expérience, la meilleure connaissance de ses vignes et de ses bois, le tir a été parfaitement corrigé. Les vins sont tout en pureté de fruit, peu sulfités, avec souvent une petite réduction à l'ouverture (carafez-les), avec beaucoup de fond, de minéralité, tout en finesse et en longueur plus qu'en largeur.

 

 

Thibault Liger-Belair - Hautes Côtes de Nuits Corvée de Villy 2017 : (sur les hauteurs de NsG, sur le plateau de Chaux) couleur claire, nez tout en pureté de fruits, griottes, épices, pointe de volatile. Bouche sur le fruit, un peu "nature" pas très épaisse, minérale et tendue, encore quelques petits tannins pas arrondis, longueur moyenne, beaucoup de fraîcheur, très digeste. TB-.

 

Thibault Liger-Belair - Bourgogne "Les grands chaillots" 2013 : couleur grenat, assez sombre pour un pinot 2013, un peu de réduction à l'ouverture, bien mieux après une bonne heure de carafe, nez moyennement expressif sur des notes de mûre, de fraise des bois, de cerise noire et de violette. La bouche est tendue par une belle acidité, beaucoup de fruits, des tannins souples, seule la matière un peu fluette nous rappelle qu'il ne s'agit que de l'entrée de gamme. Finale de bonne longueur pour un générique, fruitée, acidulée, un peu de poivre désormais. Très bon générique, qui annonce le meilleur pour le reste de la gamme, dans un millésime très frais, fruité et gourmand mais probablement pas taillé pour la garde. Note : 16/20.

 

Thibault Liger-Belair successeurs - Chambolle-Musigny 1er cru Les gruenchers 2011 : (négoce) il se présente mal à l'ouverture, pas de réduction mais un peu de gaz et des notes toastées trop marquées, bien mieux après une bonne ouverture. Robe rubis claire, nez légèrement toasté, un peu végétal, sur les fruits rouges, un peu de mûre. La bouche est légère, pas beaucoup de matière pour un 1er cru, mais un beau fruité, tannins soyeux, de la fraîcheur, mais moins tendu que d'autres 2011 du domaine. Longueur moyenne. Bon vin, mais très loin des St Georges 2011, pas vraiment mieux que Charmotte. Note : 16/20

 

Hautes Côtes de Nuits "La Roche" 2014 : belle finesse, mais un côté toasté à peine trop poussé à mon goût. B.

 

Nuits St Georges "La Charmotte" 2014 : Couleur rubis, claire et trouble (non filtré), nez de petits fruits rouges, rose, pointe végétale, pas très complexe mais très élégant et très frais. Bouche peu tannique, légère, presque évanescente, toute en finesse, pleine de fruits et de notes florales, finale un peu courte qui nous rappelle le millésime "moyen", mais un style très intéressant loin du stéréotype NsG, qui ne laisse pas indifférent. TB.

 

 

 

Visite au domaine Thibault Liger-Belair

Passage au domaine avec un ami allocataire, nous sommes accueillis (et quel accueil !) par Thibault. En attendant un importateur australien en retard, on nous propose de goûter quelques 2012 sur fûts. L'exercice est un peu difficile, surtout lorsqu'on a peu d'expérience, car les vins sont encore très jeunes, à la moitié de leur élevage pour la plupart, et parfois en pleine malo. Tous les nez présentent un peu de réduction, mais elle part assez vite à chaque fois avec l'aération. Thibault nous invite à souffler dans le verre et à bien le faire tourner et à chercher le potentiel du vin.

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Moulin à vent  "Les Rouchaux" 2012
: parcelle située sur les bas coteaux, malo tout juste terminée, un peu perlant, beaucoup de fruit (cerise croquante), un peu de minéralité, puissant et assez tanique, un peu fluet, longueur tout à fait correcte mais il va souffrir de la comparaison avec les suivants. B.

MàV VV 2012 : encore en pleine malo, plus réduit que le précédent, mais surtout plus tendu et plus minéral, plus de longueur, tannins plus présents, encore un peu raides. B+.

MàV La Roche 2012 : malo finie depuis 1 mois (car les fûts des rangées du bas sont à environ 0,5° plus frais que ceux du haut nous explique Thibault) donc plus accessible, très tendu et très minéral, longueur incroyable pour un Beaujolais. Fruité un peu différent, plus complexe, fruits rouges et noirs et pas seulement cerise croquante. Encore assez puissant, taillé pour la garde. TB.

MàV Les Vignes centenaires 2012 : cuvée qui existe depuis 2011, goûtée en débu de malo sur un fût non neuf (il y aura un 1/3 fûts neufs à l'arrivée), couleur plus sombre que les précédents, très grosse matière, un peu difficile à goûter en l'état mais on sent un gros potentiel, avec beaucoup de longueur, de la puissance, et de la minéralité. TB.

Bourgogne "Les Grands chaillots" 2012 : malo tout juste finie, style très différent des Beaujolais, on passe sur des vins tout en finesse, avec des tannins très soyeux. Celui-ci est vraiment sur le fruit, beaucoup de finesse, une belle acidité. Très bon générique, même s'il n'a évidemment pas la profondeur des vins suivants. TB-.

Nuits St Georges "Charmottes" 2012 : 20% vendange entière, malo tout juste finie aussi, un style tout en finesse, un peu plus d'acidité et de longueur que le précédent. TB.

NsG 1er cru "Les St Georges" 2012 : rendements de 12hl/ha sur ce 2012 ! toujours un style tout en finesse, plus de matière, beaucoup de tension. Très prometteur. TB+.

 

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Nous ne goûtons pas le reste de la gamme, a priori très difficile d'accès en ce moment. Thibault nous propose de goûter les 2011 à la place. L'importateur australien arrive, nous pouvons continuer. Tous les vins sont goûtés sur des échantillons, ils seront embouteillés la semaine prochaine, avant le début des vendanges. En parlant des vendanges 2013, Thibault estime le retard à environ 15 jours.

Vosne-Romanée "Aux Réas" 2011 : la différence avec les 2012 est évidemment frappante puisque nous avons désormais des vins "terminés", la transition est un peu compliquée. Le nez me semble légèrement boisé (c'est la seule fois de la journée où j'ai senti une trace de bois), la bouche est très suave, avec une belle matière soyeuse, beaucoup de rondeur, sur les petits fruits rouges, bonne acidité, très léger manque de longueur par rapport aux suivants. TB- (pour 2011).

Charmes-Chambertin Grand cru 2011 : 50% fûts neufs, un vin qui s'offre tout de suite à nous, très accessible, très fruité, un peu plus confit et compoté que le précédent, mais la fraîcheur est au rendez-vous, tannins de velours. Pas le plus complexe de la série mais peut-être le plus charmeur en l'état. TB+.

Corton Grand Cru Les Renardes 2011 : le nez est plus fermé, celui-ci il faut aller le chercher, par contre la bouche est fantastique, sur un fruité un peu plus noir (cassis, mûre), assez mûr, légèrement plus puissant que le Charmes, mais en même temps c'est un vin très tendu, avec une longueur incroyable. TB+.

NsG 1er cru "Les St Georges" 2011 : Thibault nous annonce que les 3 vins qui vont suivre sont un peu moins en place pour le moment, en effet le nez est plus discret ici, sur les petits fruits rouges, avec des notes florales très subtiles, la bouche est encore très fine, même si les tannins sont à peine plus présents que sur les vins précédents, toujours une grosse acidité. Beau potentiel, mais à attendre. TB.

Clos Vougeot GC 2011 : nez un peu fermé, bouche très puissante (surtout comparée aux précédents), tannique, matière énorme, le fruité est un peu plus noir que sur le NsG, la finale présente des amers très nobles et un côté chocolaté. Grande classe mais à attendre impérativement. TB+.

Richebourg GC 2011 : Thibault nous demande de bien faire tourner le verre car le vin est encore un peu fermé, on sent un nez très subtil avec des fruits rouges et un côté chocolaté. La bouche est assez puissante (mais moins que le Clos Vougeot), sur les fruits rouges, avec beaucoup d'acidité et un peu plus de longueur encore que les vins précédents. A l'heure actuelle il ne me semble pas au-dessus des autres, mais il a un gros potentiel, avec de la longueur, et un bel équilibre entre la puissance du Vougeot et la finesse du NsG. TB+.

NsG 1er cru "Les St Georges" 2006 : un vin "à point" pour finir, la couleur est légèrement tuilée, le nez fait très évolué (une dizaine d'années), sur les fruits cuits, le kirsch, un peu chaud. La bouche est dans la même lignée, mais l'acidité est présente et lui donne une belle fraîcheur. Beaucoup plus expressif que tout ce qu'on a goûté jusque-là, mais un peu moins d'élégance que les grands crus. TB-.

 

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Un grand merci au vigneron pour son accueil, pour ses vins et toutes ses explications très précises. Je retiendrai surtout celles sur les fûts, Thibault sélectionne lui-même ses arbres en fôret et assemble des douelles de région différente pour faire un fût. Il attend les premières étapes de la vinification pour choisir ses fûts en fonction de ce que laissent présager les premiers jus. Un travail très méticuleux, qui demande de grandes connaissances en ébénisterie ! Ensuite des chauffes très courtes pour que les vins ne prennent jamais d'arômes toastés.

Si on devait résumer le "style" Liger-Belair : des passages en fûts très longs (2 ans en général), mais des fûts peu actifs au sens où ses vins ne sont pas du tout boisés, très peu d'extraction, une culture peu interventionniste (vins ni collés ni filtrés), des vins taillés pour la garde, avec un grand respect des terroirs, beaucoup d'acidité, de fraîcheur et de minéralité, de la finesse pour la plupart de ses bourgognes (sauf le Richebourg peut-être et surtout le Clos Vougeot). Par contre un style très différent pour ses Moulin-à-Vent, de la puissance, des tannins bien présents, et toujours beaucoup de minéralité.

Un article intéressant et complémentaire, avec une vidéo de Thibault dans son chai ici : http://www.sommelier-vins.com/article-thibault-liger-belair-53068897.html

 

 

 

Dégustation avec le producteur (série complète dans Vins - Salons et guides) :

Bourgogne « Les Grands chaillots » 2012 : (vignes sur NsG, Ladoix, Chorey, Marsannay) robe rubis foncé, nez sur les fruits rouges, fraîcheur mentholée, quelques épices. Bouche peu extraite, vin facile, gouleyant, peu tannique, mais sans être fluet. Très bon vin de soif. B+.

Hautes Côtes de Nuits « clos du prieuré » 2012 : (sols de marnes, vin plus chaud) plus sombre, un peu de réduction, sur la cerise, la mûre, le poivre, bonne acidité, des tanins encore un peu raides en l’état. Belle longueur. B+.

NsG « La Charmotte » 2012 : (30% vendanges entières) couleur très claire, peu d’extraction sur ce vin, petits fruits rouges, peu tannique, un vrai jus de fruit, soyeux, mais ça ne manque pas de matière ni de longueur, une belle acidité comme colonne vertébrale. On a franchi un cap par rapport aux précédents vins. TB.

Gevrey « La Croix des champs » 2012 : (50% vendanges entières) beaucoup plus sombre, légère réduction, fruits noirs, un côté végétal à peine trop marqué à mon goût, mais une belle fraîcheur, longueur moyenne. B+.

NsG 1er cru « Les St Georges » 2012 : rubis foncé, il met un peu de temps à s’ouvrir, beau mélange de fruits rouges et noirs. Superbe matière en bouche, avec des tannins d’excellente qualité, de la tension, finale très longue. Excellent en l’état, mais il devrait bien vieillir aussi. TB+.

2011 : plus clair que le 2012, plus ouvert, plus marqué par les fruits rouges acidulés, framboise, groseille, un peu moins de matière mais plus fruité et plus gouleyant, presque prêt à boire, grande fraîcheur et de la longueur là aussi. TB+.

2010 : plus sombre, nez de fruits noirs, un petit côté kirsch, pinote un peu plus que les précédents, très grosse matière mais un peu moins gouleyant en l’état, fruits mûrs, tannins encore présents mais de belle qualité. Très long et très frais là aussi. A attendre encore un peu. TB+.

2007 : couleur rubis contours un peu tuilés, nez sur le fumé, le sous-bois, les fruits rouges, le kirsch, les épices, très belle tension en bouche, moins concentré que 2010 ou 2012, mais vraiment prêt à boire, très frais et très long. TB+.

2005 : plus sombre, moins évolué que 2007, un peu de sous-bois et de cuir, pas de fumé ici, plus sur les fruits noirs, tannins plus présents que dans 2007, mais il lui manque un peu de tension, finale un peu plus courte que les autres millésimes. On commence à se faire difficile. TB.

Corton Renardes 2011 : robe rubis foncé, nez un peu réduit, de beaux fruits rouges, des épices, style assez fin, très gouleyant, et comme toujours de la matière, beaucoup de fraîcheur, de l’acidité qui porte le vin jusqu’à une très longue finale. TB+.

Clos Vougeot 2011 : à peine plus foncé, plus puissant que le précédent, les tannins sont encore un peu raides, très belle longueur. Un peu moins de plaisir que les autres en l’état, un vin à attendre, mais il ira sûrement très loin. TB.

Richebourg 2007 : légèrement bouchonné malheureusement. Et pourtant le domaine réalise un travail colossal pour avoir le moins de problèmes possible, et ils sont très rares. Vraiment pas de chance donc ! On goûte quand même, vin moins évolué que les St Georges, beaux fruits rouges, c’est fin, gouleyant avec des tannins de velours, mais une superbe matière en même temps.

vins tlb

 

 

Bourgogne "Les grands chaillots" 2009

Couleur : rouge rubis (un peu plus clair que ce que rend la photo).

Nez : un peu de réduction au début, quelques heures d'ouverture lui font du bien. On trouve des petits fruits rouges acidulés, beaucoup de fraîcheur, et un côté pivoine et végétal aussi. C'est assez expressif et très agréable.

Bouche : je suis vite dérangé par un excès d'acidité. Le vin gagnerait peut-être à vieillir encore un peu. Sinon la matière est très belle, les tannins sont présent mais très bien fondus, bonne puissance et une fraîcheur très agréable. On ne sent pas la chaleur de 2009. On retrouve les fruits rouges du nez, et le côté végétal (pivoine, ronce), et un peu d'épices. D'abord servi assez frais, je trouve que pour une fois le vin gagne à ne pas être bu trop froid, ça calme un peu l'acidité. Le lendemain le vin pinote plus, il est un peu plus kirsché et moins acide.

Finale : bonne longueur, fraîche, fruitée, un peu trop acide.

Note : 15/20. Dommage que l'acidité soit un peu trop présente, ce vin a  la matière pour faire un excellent générique dans 2-3ans.

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T. Liger-Belair (gds jours 2018)

Vosne aux Réas 16 : très fin, plein de fruit, pas très long, mais très facile. TB.

Clos Vougeot 16 : (30% VE) bien plus sur les fruits noirs, belle tension, tannins encore présents mais de qualité. TB+.

Richebourg 16 : (30% VE) Très gourmand, plein de fruits et de fraîcheur, plus de tension, d’énergie que les autres Richebourg, tannins soyeux, finale interminable. Peut-être le vin du salon. Exceptionnel.

 

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28 septembre 2020

Soirée Gevrey-Chambertin

1 Berthaut-Gerbet, Gevrey-Chambertin 2017 : (Les Crais et La Burie) Robe qui fait très jeune encore un peu violette, très beau nez expressif, sur la cerise avec une légère sucrosité, très gourmand, bouche pleine de fruit, aux tannins fins, avec de la fraîcheur. Un vin tout en finesse, très facile à boire. TB+.

 

2 Fourrier, Gevrey-Chambertin Vieille Vigne 2017 : (95% champerrier, 5% Combe du dessus) Couleur très claire, à peine trouble. Nez éclatant, envoûtant, plein de framboise, de fraise, de rose, tout en délicatesse. Bouche du même niveau, évidente, où tout est à la bonne place, très fruitée, florale, tannins insensibles, texture de velours, on pourrait se resservir sans cesse. A l’opposé du stéréotype Gevrey-Chambertin (un peu comme Reynaud à Châteauneuf). La magie Fourrier a encore opéré. Exceptionnel.

 

3 Armand Rousseau, Gevrey-Chambertin 2015 : (les crais, creux brouillard, clos prieur bas, en champs, les cercueils, 1e cru perrières, 1e cru les etournelles, 1e cru craipillots) Couleur plus sombre que le précédent, nez qu’il faut aller chercher un peu plus, plus puissant, plus de fruits noirs. En bouche on retrouve la finesse de Rousseau combnée au côté solaire/confituré du millésime, plus concentré que le précédent, avec une superbe longueur pour un village, mais on sent qu’il aurait besoin de quelques années supplémentaires pour s’exprimer complètement. TB++.

 

4 Dominique Gallois, Gevrey-Chambertin 1er cru Les Goulots 2014 : le vin en-dessous dans cette soirée, avec des tanins un peu verts et une matière un peu trop fluette. Difficile pour lui dans cette soirée où tout le reste s’est montré d’un haut niveau. B.

 

5 Denis Mortet, Gevrey-Chambertin 1er cru Lavaux St Jacques 2012 : Couleur sombre, nez de fuits noirs, légèrement confituré, à peine torréfié. C'est surtout la bouche qui impressionne comme souvent chez Mortet avec une matière épaisse et une texture de velours, très belle longueur, avec juste ce qu'il faut de fraîcheur pour Lavaux et 2012. TB++.

 

6 Bruno Clair, Gevrey-Chambertin 1er cru Les Cazetiers 2000 : Couleur bien tuilée, nez animal, cuir, fourrure, viande fumée, sous-bois, kirsch, on rentre vraiment dans les arômes tertiaires. La bouche est peu épaisse, mais noble et très complexe, encore assez longue. Un vin à son apogée. TB+.

 

7 Bruno Clair, Gevrey-Chambertin 1er cru Clos St Jacques 2007 : (bu à l'aveugle) Vin sombre, très beau nez sur le cuir, le tabac, les fruits noirs, encore jeune. Bouche puissante, massive, encore des tannins un peu durs, mais grosse matière et grosse longueur, surtout pour 2007, on a l'impression d'être sur un grand millésime qui demande quelques années de garde supplémentaires. Mais il ira certainement plus loin que le précédent. Merci Bertrand ! TB+.

fourrier rousseau

 

8 Marchand-Tawse, Gevrey-Chambertin 1er cru Fonteny 2012 : Couleur sombre, nez duquel se dégage une impression de fraîcheur, presque mentholé, plutôt sur les fruits noirs, un peu confituré. Bouche épaisse, tannins soyeux, proche du Lavaux de Mortet, avec plus de fraîcheur mais peut-être un peu plus simple. TB++.

 

9 Trapet, Gevrey-Chambertin 1er cru Clos Prieur 2011 : On repasse sur une robe rubis, bien plus claire, comme souvent avec Trapet, le nez est sur les petits fruits rouges, la pivoine. La bouche fait un peu maigre, mais toute en tension, en longueur, très fraîche, avec un côté végétal noble apporté par la vendange entière, une impression de minéralité. Un vin peu démonstratif, mais avec beaucoup de fond, plus difficile à comprendre. Il a divisé l'assemblée. TB++.

 

10 Pierre Damoy, Chambertin Grand cru 2003 : Couleur très sombre, nez chocolaté, fumé, torréfié, kirsché, un peu de cuir et de sous-bois, belle complexité. Bouche massive, encore marquée par son élevage torréfié, puissante, qui appelle un plat en sauce ou qui peut se suffir à lui-même, presque comme un vin de dessert. Finale très longue, sur le café, le chocolat, la prune, presque pruneau même. Le stéréotype du Gevrey puissant arrive enfin, sans trop de surprises pour un Damoy sur une année chaude. Que de chemin parcouru depuis la première série ! TB-.

 

Bonus : Henri Boillot, Puligny-Montrachet 1er cru Clos de la mouchère 2018 : un chardonnay encore légèrement marqué par son élevage grillé, avec une belle matière en bouche, et une finale très longue, minérale, bien tendue, surtout pour 2018. Déjà très bon, et probablement encore bien meilleur dans quelques années pour les plus patients. Merci Vincent ! TB.

 

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21 septembre 2020

Henri Germain (Meursault) *****

Petit domaine familial de 8 hectares dirigé aujourd'hui par Jean-François Germain. Les Meursault sont parfois austère en jeunesse, jamais bodybuildés ni opulents mais au contraire tendus, racés, proches du terroir, demandant du temps. Les rouges ne cessent de progresser et sont aussi d'un très bon niveau sur des terroirs à moins fort potentiel.

 

 

Henri Germain - Meursault 2016 : très clair, pas de boisé, pas vraiment de beurré, ni de gras, tout en tension, marqué par une forte amertume un peu végétale à l'ouverture, bien mieux ensuite. A regoûter dans quelques années ou en carafant. TB-. Une autre bouteille carafée longtemps semblait moins autère, un peu plus de gras. Toujours une belle tension. TB+.

Henri Germain - Meursault 1er cru Charmes 2017 : étonamment déjà accessible, très ouvert, un peu de grillé, du fruit, assez gras, belle acidité derrière, assez long, superbe. TB+.

 

Henri Germain - Chassagne Montrachet rouge 2017 : clair en couleur, petits fruits rouges, pointe végétale, frais, très fin, plus en tension qu'en rondeur, avec la noble austérité de la côte de Beaune, très facile à boire. TB.

 

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06 août 2020

Frederic Cossard - Domaine de Chassorney (Saint-Romain) ***

Frederic Cossard - Bourgogne Pinot noir Le Bedeau 2016 : Couleur assez foncée pour un pinot 2016, nez un peu réduit à l'ouverture, mieux après un tour en carafe, sur la cerise, la framboise, quelques notes de rafle bien intégrés, pointe de volatile. Bouche juteuse, fruitée, pure, bonne acidité, quand même de la matire pour un générique, typée vin nature. Longueur moyenne, finale un peu plus brouillonne. B+.

 

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10 juin 2020

JJ Confuron (Premeaux) ***

JJ Confuron - Nuits-St-Georges Les Fleurières 2017 : Couleur foncée, le nez ne pinote pas vraiment, fruité plutôt noir, mûre, cerise, épices, un côté végétal noble, pas de boisé ressenti. Bouche sérieuse, avec des tannins encore un peu serrés, moins le lendemain, fruit, épice, grosse acidité à l'ouverture, peu voire pas boisé, joli fond, mais on sent que le vin a besoin de se détendre. Finale de belle longueur pour un village, prometteuse. Un vin sérieux, avec du fond, à carafer ou à attendre quelques années dans l'idéal. TB.

 

Fleurières 2014 : semble plus serré que le 2017, encore un peu dur. B+.

 

Côtes de Nuits villages blanc La Montagne 2016 : pas de gras, pas de boisé, un côté pomme, noisette, assez plat, pointe grillée, finale limite oxydative. A voir même si ce n'est pas un défaut de bouteille... B-.

 

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07 juin 2020

Soirée Chambolle-Musigny

Si les vins de Chambolle-Musigny sont réputés pour leur élégance, c'est en grande partie dû à la Combe Ambin qui coupe l'appellation en son milieu. Cependant, dès que l'on s'approche des extrémités sud et surtout nord, mais aussi en fonction des expositions, des types de sols, des millésimes, des styles de vinification...les vins peuvent devenir bien plus puissants que ce qu'on croit souvent. Les dix vins dégustés, provenant de parcelles, de milésimes et de producteurs différents nous l'ont bien montré.

 

Pour approfondir le sujet : http://monocepage.com/geologie-de-chambolle-musigny/  

 

carte chambolle

  

Les Chambolle « du sud »

1  Anne Gros - Chambolle-Musigny La Combe d’Orveau 2015 : couleur très claire, superbe nez plein de petits fruits rouges et de pivoine. Bouche légère, fruitée, gourmande. Seule la finale à peine chaleureuse rappelle le millésime. A servir assez frais.TB+.

 

Transition

2  JF. Mugnier - Chambolle-Musigny 2015 : (assemblage Combe d’Orveau + 1er cru Les Plantes) Un vin beaucoup plus sombre, au nez plus discret, la bouche est concentrée, sur les fruits noirs et les épices, elle reste plutôt fermée aussi. Un gros potentiel, mais il faudra revenir plus tard. Le millésime l’emporte sur le style habituellement très fin du domaine. TB.

 

Les Chambolle « de la combe »

3  Bertagna - Chambolle-Musigny 1er cru Les Plantes 2015 : Couleur une nouvelle fois très sombre, nez sur un boisé toasté un peu trop présent. Bouche puissante, serrée, sur des arômes torréfiés. Le vin manque d’élégance. Les 2015 vont désormais demander beaucoup de patience. B-.

4  Nicolas Groffier - Chambolle-Musigny 1er cru Les Hauts doix 2013 : On revient sur une robe plus claire, plus classique pour du pinot, très joli nez sur la cerise, la mûre, un peu de rafle et d’épices. Bouche toute en longueur avec beaucoup d’énergie, de fraîcheur et de longueur. Certains lui reprochent un côté végétal légèrement trop marqué. TB+.

5  Denis Mortet - Chambolle-Musigny 1er cru Aux beaux bruns 2011 : Une robe claire et à peine tuilé, le nez commence à montrer un peu d’évolution avec des notes de sous-bois, du fruit rouge. Très belle bouche à la fois fruitée, acidulée, tannins bien arrondis et belle longueur. Un délice, qui a fait l'unanimité. TB++.

6  Camille Giroud - Chambolle-Musigny 1er cru Les Charmes 1988 : Couleur sombre et évoluée, trouble. Très beau nez de vieux pinots, feuilles mortes, humus, sous-bois, rose fanée, fruits confits, à peine toasté, très complexe. La bouche a gardé une belle fraîcheur, encore du fruit, des tannins fondus par le temps. La magie des vieux vins a opéré. Merci Fred ! TB++

 

Les Chambolle « du nord »

7  Anne & Hervé Sigaut - Chambolle-Musigny 1er cru Les Sentiers 2013 : Couleur très noire, nez sur le cassis, la mûre, gourmand, même s’il fait très sudiste. La bouche est puissante, concentrée, avec des tannins légèrement asséchants. A l’opposé du stéréotype Chambolle. B.

8  Cyprien Arlaud - Chambolle-Musigny 1er cru Les Sentiers 2013 : Couleur sombre aussi, nez sur la mûre, la cerise noire, gourmand. Bouche mieux maîtrisée que le précédent, avec des tannins très fins, de l’élégance et de la concentration, beaucoup de fraîcheur et une finale très longue. Superbe bouteille. TB++.

Ghislaine Barthod - Chambolle-Musigny 1er cru Les Cras 2009 : bouchonné

 

Bonus - Les assemblages

9  Cyprien Arlaud - Chambolle-Musigny 2011 : on reste sur une couleur sombre, un nez un peu sucré avec de l’orangette, intéressant. La bouche reprend aussi ces étonnantes notes un peu sucrées, la finale est plus courte que sur le premier cru, mais cela reste un très bon "village". Merci Olivier ! B+.

10  Christophe Roumier - Chambolle-Musigny 2012 : On revient sur une couleur plus claire, rubis. Le nez est sur la fraise, la framboise, la pivoine, petite impression de rafle. Bouche concentrée pour un village, encore toute jeune, très noble, il faut aller la chercher, beaucoup de fraîcheur et de longueur même si on sent qu’il n'est pas encore tout à fait à son apogée. TB+.

soiree chambolle

soirée chambolle 2

 

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